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Comment mettre en place la sécurité en apnée en piscine?

Les apnéistes sont généralement accueillis dans des clubs de plongeurs en bouteille. Je ne vais pas faire ici le procès des uns et des autres, mais je ne vais pas non plus me cacher la tête sous l'oreiller, il y a des membres à l'esprit très ouvert pour l'apnée, mais aussi des membres qui se sentent mis en danger par les apnéistes.

Dans ces septiques, il y a les cons, et ben laissons les, de toute façon, ils ne changeront pas, puisqu'il refusent d'écouter, mais aussi des gens qui ont peur de l'apnée, parce qu'ils ont toujours entendu que l'apnée est un sport dangereux, et c'est avec eux qu'il faut tenter de s'expliquer.

Cette peur provient de la formation des initiateurs, des N4 et des moniteurs qui colportent depuis des générations de formations le fait qu'il faille faire de l'apnée d'une certaine manière, ces méthodes ne correspondent pas à l'apnée sportive, bien au contraire, je dirais même que c'est pratiques amènent plus de risques que de sécurité.

Contrairement à la bouteille, l'apnée est un sport et un sport à risques, l'accepter c'est déjà se protéger.

Qu'est ce que l'on voit souvent dans les lignes d'eau des bouteilleux?

 

Les fameux binômes nageur dessus/dessous.

De grâce, que l'on m'explique un jour à quoi ça sert!!!

 

Le directeur de plongée.

A part pour l'organisation de la piscine, que l'on m'explique à quoi il sert!!!

 

Aller j'arrête là... amicalement

 

Ce que j'en pense

Le dessus/dessous: Nous savons maintenant que la plupart des incidents en dynamique, arrivent en fin d'apnée, soit juste à la reprise d'air soit dans les secondes qui suivent, et quand je regarde les bouteilleux en apnée, je constate que le nageur part dès que l'apnéiste sort, conclusion, pas de surveillance au moment le plus important.

Bon on pourrait penser qu'avoir un DP peut être sécurisant mais je ne suis pas d'accord, sauf si celui ci sait exactement ce qui se fait dans la ligne d'eau et qu'il ne surveille que cette ligne d'eau. Mais pire encore, mentalement certains risquent de pousser en se disant "c'est pas grave, au pire le DP me sortira!"

   

Bon maintenant que j'ai dis du mal, il me faut tenter une réponse, je sais très bien qu'elle ne fera pas l'unanimité, mais au moins elle a le privilège de représenter mes années d'expériences en bassin.

L'idéal est d'avoir un surveillant pour un apnéiste, mais cela devient totalement débile, les membres viennent faire du sport, pas le tapin sur le bord du bassin. donc soyons sérieux.

Comment appréhender la sécurité en dynamique?

Je vais encore une fois me faire des ennemis, mais bon je m'en fou, j'ai l'habitude, mais avant d'accepter un nouveau membre dans une ligne d'eau il est important de savoir s'il sait nager, je parle pas d'être un grand champion, mais de savoir au moins un minimum, dans le cas contraire, il ne faut pas accepter ces pratiquants dans des groupes classiques, ils ont besoins d'exercices spécifiques, donc d'un créneau rien que pour eux, on peut soigner un hydrophobe par l'apnée, mais je n'y suis arrivé que dans des conditions particulières, privilégiées. Donc toute la suite ne s'adresse pas aux cas particuliers, mais au cas générique.

Une séance d'apnée en piscine selon ma vision, doit contenir obligatoirement trois parties au minimum:

Il est important de faire du préventif, en incitant les pratiquants à une hygiène alimentaire et pourquoi pas de vie. On peut difficilement savoir comment la journée s'est passée, repas, boisson, travail... mais tout ça, sont des facteurs aggravants, pouvant provoquer un incident majeur.

  1. L'échauffement: durant cette phase, quels sont les exercices qui vont être proposés donc quels sont les risques pris par les nageurs? Les pratiquants vont nager, avec ou sans palme, avec ou sans planche... enfin bref, pas d'apnée, ce n'est pas pour autant qu'il n'y a pas de risques, comme pour tous les autres sports en eau. La mise en place d'un sécurité de groupe me semble être suffisante. Les nageurs nagent entre niveau et se consultent régulièrement pour jauger de leur état de fatigue.
  2. Les exercices préparatoires: L'ensemble de ces exercices ont pour rôle de passer de l'état de nageur à celui d'apnéiste. Progressivement par des exercices ciblés (phoque, dauphin, séries de longueur) les apnées vont commencer, au début de courtes durées et distances, puis de plus en plus longues (en temps comme en distance)... si le travail est réalisé correctement, les risques sont encore très faibles, pour ne pas dire inexistants, les temps de repos étant court, le taux de CO2 diminue peu, provoquant ainsi "le besoin" d'air très tôt. Encore une fois une surveillance de groupe est suffisante, par contre, il faut être vigilant et réagir en cas de "solitaire". Souvent on trouve dans les groupes, un pratiquant qui se tient toujours à l'écart des autres, lui est dangereux.

  3. Les exercices d'apnée: Les exercices seront systématiquement proposés par série, série de 25, 30, jusqu'à 50M (en fonction des niveaux) avec des temps de repos limités et chaque exercice sera réalisé au moins quatre fois et plus si possible. Dans la mesure ou tous les pratiquants respectent les consignes, les risques sont encore une fois très minime, pour pas dire inexistants. Si les temps de repos sont respectés, le pratiquant ne pourra pas "forcer" au delà d'un seuil inférieur au seuil de syncope.

  4. Les apnées: Voilà, maintenant on rentre dans la partie à risque, puisqu'il s'agit d'augmenter les distances au delà de 50M, et c'est uniquement à ce moment là où il faut mettre en place une sécurité spécifique. L'organisation se fera en fonction des forces en présence, mais attention, il ne suffit pas de mettre une personne pour surveiller, encore faut il que cette personne soit capable de réaliser les bons gestes au bon moment. Bien que cela soit frustrant, en général, je sort de l'eau et je "tapine" sur le bord du bassin pour suivre au plus près les pratiquants, avec des planches dans les bras en guise de sac à main. Une autre solution, le binôme, l'un des deux pratiques, l'autre surveille et cela durant tout l'exercice, ensuite, le binôme fait la série à son tour.

Conclusion:

  • Il faut pour chaque exercice proposé, réfléchir aux risques pris par le pratiquant et ainsi, de mettre en place une sécurité adaptée et surtout pas une sécurité "réflexe".
  • Pour limiter les risques, il faut que les nageurs prennent consciences de l'importance du rythme de la séance. C'est au cadre d'imposer ces rythmes entre nage et repos. Pour cela, il ne doit pas y avoir de part à l'improvisation dans les séances, le cadre doit savoir ce qu'il va faire, la séance doit être prête et chiffrée, distance parcourue, temps de travail, donc risques prit par le nageur.

Cet article est un document de travail et de réflexion, il va évoluer dans le temps.

Cas particulier des statiques:

A venir

 

 

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